La toute première manifestation antinucléaire en Chine a fait de l'effet. Affolée par les 2 000 manifestants qui ont envahi vendredi les rues de Heshan (sud) pour protester contre la construction d'un centre de retraitement de l'uranium, la municipalité a soudain annoncé ce week-end qu'elle abandonnait purement et simplement le projet. Ce complexe nucléaire, à l'origine conçu pour retraiter le combustible de la moitié des centrales chinoises à l'horizon 2020, devait s'installer à une quarantaine de kilomètres de Macao, où l'inquiétude était aussi de mise. «Le gouvernement populaire de Heshan a décidé de respecter l'opinion publique», a tranché le vice-maire samedi, alors qu'un nouveau cortège très surveillé par la police s'apprêtait à défiler une deuxième fois aux cris de «protégeons nos enfants».
Membres de la classe moyenne, les militants craignaient une chute du prix de leur propriété si le projet se réalisait. Ils s'étaient organisés clandestinement via le microblog Wechat, en invitant les habitants à «aller se promener» dans le square de leur ville. Après l'annonce du retrait du projet, la plupart d'entre eux étaient satisfaits. Mais certains doutent de la véracité de cette promesse hâtive. «Les autorités n'ont à mes yeux aucune crédibilité», s'est exclamé un habitant, cité par la presse de Hongkong.
«Inoffensif». Il est vrai que les cadres locaux ont tout fait pour cacher à la population la réelle




