C'est un homme providentiel qu'attend l'opposition syrienne pour la diriger. Pour plusieurs raisons : le régime vient de remporter des succès militaires importants, les groupes jihadistes ne cessent de progresser sur le terrain, et il lui faut faire oublier la désastreuse présidence du précédent chef de la Coalition nationale de l'opposition, Mouaz al-Khatib. Démissionnaire en mars au prétexte de dénoncer «l'inaction» de la communauté internationale dans le conflit syrien, ce religieux populiste s'était englué dans les querelles internes et prenait ses décisions en solitaire, qu'il faisait ensuite connaître sur Facebook. D'où un long passage à vide de l'opposition, avec, comme conséquence, un discrédit autant sur la scène intérieure qu'internationale.
Alternative. Soit autant de défis que se doit de relever le nouveau chef de la Coalition, Ahmad Assi Jarba, élu le 6 juillet avec comme mission d'incarner l'alternative à Bachar al-Assad. Une alternative qu'il veut démocratique et plurielle. Il l'a assuré, hier à Paris, lors d'une rencontre avec quelques journalistes en marge d'une audition à la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée : «La révolution n'a pas eu lieu pour amener au pouvoir des courants extérieurs. Nous sommes les premiers à en souffrir, avant les pays de la région. L'un des facteurs essentiels qui ont permis leur émergence, c'est la durée de cette crise. Plus elle durera, plus elle les favorisera»,




