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Reportage

Dans le nord du pays, Léré «en a marre de pardonner»

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Attaqué début 2012 par les rebelles touaregs, puis par les islamistes, la petite ville malienne peine à retrouver un semblant de paix.

ParFabien Offner
Envoyé spécial à Léré (Mali)
Publié le 26/07/2013 à 21h46

Assis dans sa vaste concession cernée de murs lézardés, un verre de lait de vache frais à la main, Cheickna Dicko parle de sa commune de Léré, dans le nord du Mali, comme d’un trésor disparu. Il y avait, dit-il, des ruminants par milliers dans les deux parcs à bestiaux et les rues du marché débordaient de gens et de denrées. C’était avant l’attaque de Léré par les Touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) dans les premiers jours de la rébellion, en janvier 2012. Les rebelles touaregs furent les fourriers de groupes jihadistes déterminés à imposer leur ordre fondé sur la charia.

Le maire culpabilise presque de son exil d'une année à Bamako. «Où pouvais-je être le plus utile ? A Léré, où il n'y avait rien et où je risquais ma vie ? Ou à Bamako, pour tenter de démarcher des soutiens ?»s'interroge ce frêle Arabe au crâne lisse et à la moustache soigneusement taillée. En son absence, sa maison en terre a bien failli y passer. «Un jour, ils sont entrés et ont laissé le robinet d'eau ouvert dans la cour. Ils ont dit qu'ils voulaient inonder le sol pour que mon habitation s'effondre», raconte-t-il.

Six mois après l’intervention française, on ne sait plus trop si Léré est libéré ou abandonné. L’école est fermée faute d’enseignants, la sous-préfecture dévastée, l’électricité inexistante. Le centre de santé démuni accueille sur des lits défoncés quelques malades venus de la brousse environnante, allongés sur des charrettes tirées par des ânes.

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