Menu
Libération
Portrait

Le pourquoi du Caïman

Réservé aux abonnés

Démago et populaire, le Cavaliere a marqué la vie politique italienne.

Silvio Berlusconi lors d'un meeting politique le 9 septembre à Rome. (AFP)
Publié le 01/08/2013 à 20h36

Parmi les nombreux surnoms dont Silvio Berlusconi fut affublé dans les presque vingt ans où il domina la vie politique transalpine, celui de «caïman» est le plus évocateur. Un saurien au cuir dur qui résiste à tout. Et même si la décision prise hier par la Cour de cassation l’affaiblit sérieusement, il aurait fallu, pour l’abattre, que son interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans ne soit pas renvoyée en appel.

Lors des élections générales de février, la droite dont il portait encore une fois les couleurs fut battue d’à peine 30 000 voix à la Chambre des députés. Certes, Berlusconi avait perdu plus de 6 millions de suffrages par rapport à l’élection précédente, mais la remontée fut spectaculaire pour un leader qui, moins de deux ans plus tôt, avait dû abandonner la présidence du Conseil sous la pression des Européens, inquiets de voir l’Italie plonger comme la Grèce.

Vieux beau. Après sa déroute, il assurait vouloir se retirer de la vie politique. Puis nouvelle volte-face. Son parti précipita la chute du gouvernement de techniciens de l'austère Mario Monti, et Berlusconi entra en campagne. A gauche comme au centre, ses adversaires parlaient de rigueur. Lui niait la crise, vantait la richesse de l'Italie, multipliait les promesses démagogiques dont l'abolition de l'IMU (la taxe foncière). Et des milliers de gens allaient vers le bureau du fisc pour savoir comment ils pourraient être remboursés.

Berlusconi est un extraordi

Dans la même rubrique