Le bras de fer n'a pas attendu l'investiture de Hassan Rohani, prévue ce dimanche. Ce n'est pas tant le nouveau président iranien qui fait l'objet d'attaques violentes que les personnalités qui pourraient devenir ses conseillers ou participer à son gouvernement. Ses adversaires ont une stratégie précise : empêcher tout retour, à ses côtés, des réformateurs proches des anciens présidents Mohammad Khatami et Ali Akbar Hachémi Rafsandjani. Si le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, voit en Rohani «un loup déguisé en berger» (lire ci-contre), les cercles conservateurs iraniens ont l'analyse inverse : ils craignent de le voir prendre son autonomie par rapport au Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
Principale bête noire de ces mêmes cercles, proches du Guide : Ali Younessi. Ancien procureur des tribunaux révolutionnaires des forces armées, ex-ministre des Renseignements, c'est un dur mais résolument dans le camp réformateur. C'est lui qui, après la campagne d'assassinats d'intellectuels à la fin des années 90, a nettoyé son ministère de l'escadron de la mort qu'il abritait. Son fils a par ailleurs purgé vingt-sept mois de prison pour avoir contesté le régime. Rohani, qui lui a déjà confié le bureau de la commission des affaires de sécurité politique, voudrait bien l'avoir comme ministre de l'Intérieur. Mais il est peu probable qu'il puisse l'imposer à ses adversaires - qui contrôlent notamment le Parlement. «Ceux-ci ont décidé de transformer Rohani en




