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Interview

«Sa marge de manœuvre dépendra de l’Occident»

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Selon Clément Therme, l’élection de Rohani laisse espérer un rééquilibrage de la diplomatie iranienne :

Publié le 02/08/2013 à 20h26

Clément Therme, chercheur associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), est l'auteur des Relations entre Téhéran et Moscou depuis 1979 (PUF, 2012).

Rohani sera-t-il un «loup déguisé en agneau», comme le prétend Nétanyahou, ou une personnalité dans la lignée des réformateurs ?

Il semblerait plutôt que Hassan Rohani s’efforce d’opérer une synthèse entre les différents courants présents au sein du système de la République islamique : les conservateurs pragmatiques, les réformistes et les modérés. Par ailleurs, sa personnalité tranche avec le caractère clivant et parfois excessif de l’ancien président Ahmadinejad. Il s’efforce de s’entendre avec l’ensemble des factions et des personnalités qui ont fait l’histoire de la République islamique : il entretient par exemple d’excellentes relations avec deux personnalités aux relations ambivalentes : le Guide Khamenei et Rafsandjani.

Est-ce le retour déguisé de Rafsandjani, à qui le régime avait interdit de se présenter ?

Oui, c’est le retour de ses idées, qu’on peut qualifier de «développementalistes», en rupture avec la période Ahmadinejad. Il s’agit d’assurer le développement économique du pays sans prétendre mettre en œuvre un projet politique de démocratisation. Sur le plan diplomatique, Rohani propose de rééquilibrer la diplomatie iranienne en ouvrant un dialogue avec l’Occident pour limiter les effets négatifs d’une dépendance trop grande vis-à-vis de la Chine et

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