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Analyse

La justice, bras armé de l’AKP contre ses opposants

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Le verdict permet aux islamistes d’asseoir un peu plus leur pouvoir.

Publié le 05/08/2013 à 21h26

L'interminable et très contestée enquête Ergenekon est un révélateur de la nature du pouvoir de l'AKP (le Parti de la justice et du développement, qui gouverne la Turquie depuis 2002), et de sa dérive. L'autoritarisme croissant du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, irrite une bonne partie de l'opinion - comme l'a montré la vigueur de la contestation en juin - et inquiète les Européens, longtemps fascinés par un «modèle turc» qui semblait concilier islam et démocratie. La procédure qui a abouti aux très lourdes condamnations pour «complot» de bon nombre des 275 accusés, dont l'ancien chef d'état-major Ilker Basbug, a été entachée par de très nombreuses irrégularités, donnant des arguments à ceux qui dénoncent le verdict avant tout politique d'un appareil judiciaire repris en main par les islamo-conservateurs.

«Ennemis». «C'est une occasion gâchée, car ce procès censé faire la lumière sur nombre de crimes et de complots de ces dernières années est devenu le symbole d'une justice qui ne respecte pas les droits de la défense, ne s'arrête pas aux faits et aux preuves, mais réprime des délits d'opinion», affirme Ahmet Insel, universitaire et directeur de la revue Birikim. Il s'inquiète «d'une logique pénale qui ne vise plus seulement les auteurs d'actes répréhensibles, mais cherche à combattre ceux que le pouvoir considère comme ses ennemis». Les avocats ont dénoncé de nombreuses bavures, des preuves fra

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