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Libération

Le Zimbabwe dans l’expectative

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Présidentielle . L’opposition redoute une instabilité politico-économique après la réélection de Mugabe.

ParPatricia Huon
Envoyée spéciale à Harare
Publié le 05/08/2013 à 21h26

Promise Zuzi, 29 ans, peine à trouver les mots pour exprimer sa frustration. «La seule chose qu'il me reste à faire, c'est d'émigrer en Afrique du Sud», explique ce mécanicien. Il passe ses journées sur le parking d'une station-service de Harare, la capitale zimbabwéenne, à attendre une voiture à bricoler contre un peu d'argent. Pour ce père de quatre enfants, militant du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti d'opposition, «le pays n'ira nulle part pour les cinq ans à venir».

Robert Mugabe, au pouvoir depuis trois décennies, a été proclamé samedi vainqueur de la présidentielle. Son parti, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), a aussi remporté la majorité des deux tiers au Parlement. C’est la fin du gouvernement d’union nationale mis en place en 2009. La Zanu-PF est à nouveau toute puissante et pourra amender la Constitution adoptée en mars.

Peur. Malgré la distribution de tee-shirts et casquettes à l'effigie du Président, il n'y a pas eu de célébration dans les rues de Harare. La peur de l'avenir occupe les esprits. «Il faut attendre le discours d'investiture de Robert Mugabe et, surtout, voir les ministres qu'il nommera. Nous aurons alors une indication de la direction qu'il veut prendre», pense Trevor Maisiri, de l'International Crisis Group, une ONG qui œuvre à la prévention des conflits. L'analyste reste néanmoins assez optimiste. Pour lui, l'ancien héros de

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