Chercheur au Hudson Institute et à la Johns Hopkins University, David Satter est un fin connaisseur de la Russie où il a d'abord travaillé comme correspondant du Financial Times puis du Wall Street Journal.
Obama a-t-il eu raison d’annuler son sommet bilatéral avec Poutine ?
Oui. La relation russo-américaine était déjà mauvaise avant l’affaire Snowden, et il ne peut en être autrement vu la nature du régime russe. Ce que peut faire Barack Obama, c’est arrêter de renforcer le régime : cesser de traiter Poutine comme un interlocuteur privilégié dont les points de vue sont importants et la coopération indispensable. La Russie de Poutine, tout comme l’Union soviétique jadis, essaie de forcer la communauté internationale à traiter son anormalité comme si elle était normale. Le problème est qu’Obama a besoin de Poutine, en Syrie, en Iran, en Afghanistan… Je n’ai pas vu de vraie coopération sur ces dossiers jusqu’à présent. Sur l’Iran, les seules sanctions vraiment mordantes sont celles qui ont été prises unilatéralement, pas celles qui ont été convenues avec les Russes. Le radicalisme islamiste que l’Otan combat en Afghanistan menace plus encore la Russie que l’Occident. Une victoire des talibans en Afghanistan déstabiliserait l’Asie centrale et affecterait toute la population musulmane de Russie.
Obama n’a-t-il pas aussi besoin de Poutine pour réaliser ses ambitions de désarmement nucléaire ?
Nous ne sommes pas dans une perspective d




