En mars, les Berlinois apprenaient avec stupeur qu’une part emblématique de leur patrimoine, l’East Side Gallery, soit le plus long pan encore existant du mur de Berlin, s’écroulerait sous les coups des bulldozers du promoteur immobilier Maik Uwe Hinkel. Inconnu il y a encore quelques mois, ce quinquagénaire ambitieux a vu alors sa cote de popularité s’effondrer aussi vite que le mur lui-même. La mise en œuvre de son projet Living Levels, un complexe d’appartements de luxe sis en lieu et place d’une partie de l’East Side Gallery, a entraîné plusieurs manifestations de la part des Berlinois, qui l’accusent de profaner leur mémoire.
Ce scandale de la deuxième chute du mur vient de connaître un rebondissement digne d'un roman d'espionnage. Selon une enquête du magazine Der Spiegel d'avril, Maik Uwe Hinkel, loin d'ignorer l'histoire de l'Allemagne divisée, y aurait largement contribué… En tant qu'agent de la Stasi sous le nom de code «Jens Peter». Les informations recueillies par ce Jens Peter, à l'origine d'arrestations et d'emprisonnements durant les années 80 dans la région de Zwickau (à 250 km au sud de Berlin), n'auraient pu venir que de Hinkel, comme en témoignent quelques-unes des personnes appréhendées. Outre les accusations d'anciens amis et collègues, plusieurs documents semblent corroborer le fait que Maik Uwe Hinkel et Jens Peter sont une seule et même personne. En 1988, Hinkel finit une thèse à l'université, justement sur le poste occupé par Jens Peter, port




