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Récit

Transparence : la promesse incomplète de Barack Obama

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Le Président veut rassurer les Américains, échaudés par l’affaire Snowden, mais reste silencieux à propos de l’espionnage des Etats-Unis à l’étranger.

ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 11/08/2013 à 20h56

L'Union européenne est notée «3» sur la liste des «priorités» de l'espionnage américain, révèle aujourd'hui le magazine allemand Der Spiegel, qui a pu accéder à un nouveau document volé par l'ancien agent Edward Snowden. Sur ce dossier daté d'avril, la National Security Agency (NSA), chargée du renseignement électronique des Etats-Unis, classe sur une échelle de 1 (l'intérêt maximal) à 5 (faible intérêt) ses priorités d'espionnage. La France y figure comme une priorité moyenne, au même plan que l'Allemagne ou le Japon, mais avant l'Italie ou l'Espagne. L'Union européenne (UE) apparaît aussi comme une cible, avec une priorité «3» accordée à ses «objectifs de politique étrangère», son «commerce international» ou sa «stabilité économique», mais la note de 5 seulement en matière de «nouvelles technologies», «sécurité énergétique» ou «questions alimentaires». La révélation tombe à pic, au moment où l'UE entame les négociations avec Washington sur un traité de libre-échange. D'autres documents fournis par Edward Snowden fin juin avaient déjà montré que la NSA écoutait les bureaux de l'Union européenne à Washington, à l'ONU ou même à Bruxelles. L'«indignation» alors exprimée par plusieurs dirigeants européens, surtout allemands, fut discrète et embarrassée. Ce que Barack Obama n'a même pas abordé en évoquant, lors de sa conférence de presse, les réactions à l'affaire Snowden.

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