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Récit

Exilé politique arrêté : la France tourne kazakhe

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Moukhtar Abliazov, accusé de détournement de fonds par le régime autoritaire de Nazarbaïev, a été interpellé sur la Côte d’Azur, fin juillet.

Publié le 12/08/2013 à 21h36, mis à jour le 12/08/2013 à 21h36

Peut-on laisser des pays autoritaires poursuivre leurs exilés politiques à travers l’Europe en les faisant rechercher par Interpol ? C’est la question sur laquelle doit plancher la justice française après l’arrestation musclée, le 31 juillet sur la Côte d’Azur, de l’opposant kazakh numéro 1, Moukhtar Abliazov, recherché par le Kazakhstan, la Russie et l’Ukraine.

Placé en détention provisoire pour une durée de quarante jours, le richissime réfugié, ex-ministre et ancien banquier, a réclamé il y a quelques jours sa mise en liberté provisoire. Une demande qui doit être examinée cette semaine. Sa fille aînée, Madina Abliazova, 25 ans, est la première à le soutenir. En 2002, quand son père est jeté en prison. Madina, âgée de 13 ans, fuit avec sa famille le Kazakhstan. Cette ex-république soviétique d’Asie centrale dispose en abondance d’uranium et de pétrole, mais elle souffre d’un évident déficit démocratique.

Errance. Ministre de l'Energie entre 1998 et 1999, Moukhtar Abliazov avait démissionné pour protester contre la corruption et avait créé le Choix démocratique, un parti d'opposition à Noursoultan Nazarbaïev, l'ex-premier secrétaire du parti communiste devenu, en 1990, le premier président du Kazakhstan post-soviétique, poste qu'il occupe toujours. Onze ans après sa première incarcération, Abliazov est de nouveau en prison après des mois d'errance. Et Madina a quitté la Suisse, où elle réside avec son mari - également fils d'exilé politiq

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