La promptitude tant italienne que française à satisfaire les exigences du dictateur kazakh illustre la complaisance dont bénéficient, en Occident, ces régimes autoritaires d'Asie centrale. L'anthropologue Boris Petric, chercheur au CNRS et auteur notamment d'On a mangé nos moutons (1) en analyse les raisons.
Pourquoi cette bienveillance française ?
La France fait partie, comme les Etats-Unis, des pays qui ont un discours de politique extérieure où les droits de l’homme sont mis en exergue. Mais la France pratique aussi la realpolitik. Elle considère que le Kazakhstan est un pays avec lequel il faut développer des relations géopolitiques, géostratégiques et économiques. Il y a la question de l’accès au gaz, et de tout ce qu’on peut construire dans le pays. Sur le plan géopolitique, la France a soutenu la candidature du Kazakhstan à la présidence de l’OSCE. Et, en ce moment, c’est le Kazakhstan qui préside l’OSCE, alors que beaucoup de pays s’étaient interrogés sur sa capacité à le faire. La France se trouve donc dans une contradiction entre son objectif économique et stratégique et le discours qu’elle peut faire sur la démocratie.
A qui profite la manne pétrolière ?
La famille du président Nazarbaïev s’est approprié les ressources pétrolières du pays. Mais elle a aussi une stratégie de développement du Kazakhstan, notamment social et éducatif. Le pays a connu un boom économique, y compris en termes de niveau de vie et d’augmentation des




