La dernière manifestation des pro-Morsi dans le quartier de Maadi, avant-hier, a réuni environ 350 personnes et 20 voitures en queue de cortège, klaxons bloqués. Pas un fourgon de police dans les ruelles traversées de passants pressés de rentrer chez eux.
Sur quelques balcons, des familles reprenaient le slogan «Liberté». Mohamed, professeur de mathématiques, effigie de Morsi coincée derrière le balai de son essuie-glace, est venu pour dire «non au coup d'Etat. Je ne suis pas pro-Frères mais je veux le retour à la légalité et de Mohamed Morsi, le président de tous les Egyptiens».
Bras croisés, Gamal, boucher, attend le passage de la manifestation pour s'exprimer : «Ces gens ne représentent rien. Tous ces morts, c'est malheureux. Mais que pouvait faire l'armée ? Attendre et se faire tirer dessus ? Ce sont des islamistes et ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient. Le peuple les déteste. Je ne comprends pas l'Occident qui se fait berner par ceux qui sont Frères avant d'être des vrais patriotes. Al-Sissi est notre nouveau Nasser», s'emporte-t-il, aiguisant mécaniquement une lame.
«Sensé». Basem, lui, attend pour se faire servir une pièce de bœuf : «Vous ne trouverez aujourd'hui personne de sensé pour soutenir les Frères.» Ce client est un ingénieur de 42 ans.«J'ai toujours su que les Frères allaient diviser le pays. L'Europe doit comprendre que la réaction de l'armée égyptienne a été un rempart con




