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Récit

La confrérie islamiste décapitée en Egypte

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L’arrestation, hier, du guide suprême des Frères musulmans met à mal un mouvement pourtant habitué à la répression.

Mohamed Badie, le leader des Frères musulmans, après son arrestation, hier, au Caire (photo publiée par le ministère de l’Intérieur égyptien). (Photo Reuters)
Publié le 20/08/2013 à 20h06

C'est à l'aube, hier, que les policiers ont procédé à l'arrestation de Mohammed Badie, guide suprême de la confrérie des Frères musulmans, recherché depuis plus d'un mois pour «incitation au meurtre de manifestants». L'homme de 70 ans a été interpellé alors qu'il se trouvait dans un appartement de Medinet Nasr, en banlieue du Caire, à proximité de la mosquée Rabaa al-Adawiya, qui a abrité un mois et demi durant le principal sit-in des pro-Morsi. Les caméras de la chaîne de télévision privée On TV, engagée du côté de l'armée, ont diffusé des images du vieil homme, vêtu d'une galabeya blanche, l'air hagard. Deux autres leaders de la confrérie ont été arrêtés avec lui. La police a souligné qu'il n'y avait eu aucune résistance.

Vétérinaire de métier, Mohamed Badie dirigeait la confrérie depuis 2010, il en incarnait l’aile conservatrice. Emprisonné à de nombreuses reprises au cours de sa vie, le guide suprême devrait être jugé le 25 août en compagnie d’autres chefs des Frères musulmans, dont le numéro 2, Khairat al-Chater, considéré comme l’éminence grise et un des principaux contributeurs financiers. Vendredi, Ammar Badie, fils aîné du dirigeant de la confrérie, avait été tué par les forces de police lors d’une manifestation anti-coup d’Etat qui se tenait dans le quartier de Ramses au Caire. Des sources policières assurent cependant que le corps retrouvé à proximité de la mosquée Al-Fateh n’était pas le sien.

Dissolution. Mahmoud Ezza

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