C'était le 14 juillet. Amarildo de Souza, un maçon noir âgé de 43 ans, rentrait chez lui à la Rocinha, la plus grande favela de Rio, quand il est abordé par les hommes de l'Unité de police pacificatrice (UPP) déployée sur place depuis un an. Ils prennent ce père de famille pour un trafiquant de drogue et l'emmènent pour l'interroger. Depuis, l'homme est porté disparu. Il y a encore quelque temps, l'affaire serait passée inaperçue, dans un Brésil blasé en matière de violence. Mais le mouvement social qui a secoué le pays au mois de juin est passé par là et, de Rio à São Paulo, des manifestants scandent «Où est passé Amarildo ?» obligeant les autorités à ouvrir une enquête.
Chef de l'UPP de la Rocinha, le major Edson dos Santos jure avoir relâché Amarildo, après s'être rendu compte qu'il n'était pas le caïd recherché. Sa femme, Elizabete Gomes, elle, est convaincue qu'il est mort. Les indices sont troublants : le jour des faits, les deux caméras de vidéosurveillance du siège de l'UPP étaient en panne. Un témoin aurait même aperçu un homme en train d'être torturé sur place par des flics. A terre, la tête couverte d'un sac plastique, il appelait à l'aide. Un revers pour le déjà très impopulaire gouverneur de Rio, Sérgio Cabral, et pour sa politique de «pacification» des favelas. Plusieurs de ces bidonvilles ont été investis par des UPP dans le but d'en reprendre le contrôle aux gangs de narcotrafiquants armés qui y faisaient la loi. Or, cette police de proximité




