Le suspense va durer encore une semaine, avant que le Congrès américain vote pour ou contre l'autorisation de frappes en Syrie, et rares sont ceux à Washington qui osent prédire le résultat. Barack Obama a reçu hier à la Maison Blanche les sénateurs John McCain et Lindsey Graham, deux républicains dont l'influence sera cruciale : ils prônent depuis longtemps une intervention militaire en Syrie mais voudraient un mandat plus large que les quelques frappes «punitives» envisagées par le Président, pour aller jusqu'au renversement de Bachar al-Assad.
Hamlet. A l'opposé, plusieurs sénateurs démocrates, comme Patrick Leahy ou Chris Van Hollen, veulent réécrire la copie de la Maison Blanche pour limiter plus étroitement la mission des forces américaines. «J'espère qu'Obama va réussir son pari, mais c'est très risqué, analyse Brian Katulis, du Center for American Progress. Si jamais il perdait, ce serait terrible non seulement pour sa politique en Syrie mais pour tout le reste de sa présidence.»
D'ores et déjà, le débat américain repasse aussi au crible les qualités de «leader» de Barack Obama, qui a médusé jusqu'à ses propres conseillers en demandant soudain ce vote. Il ne lui manque plus que la veste en velours noir pour camper un parfait Hamlet, ironise le patron de Foreign Policy, David Rothkopf, sur le site du magazine. La politique d'Obama en Syrie s'est «essentiellement définie par les actes




