«T'es moche, va crever, tout le monde sera content.» Voici l'un des messages anonymes qu'a reçu Hannah Smith sur le réseau social Ask.fm avant de se donner la mort, au début du mois d'août. Comme beaucoup d'adolescents, cette Britannique de 14 ans s'était inscrite sur le site pour évoquer ses problèmes, notamment son eczéma. Elle s'est alors retrouvée face à un flot d'insultes et de propos haineux qui l'ont poussée à bout. C'est sa sœur qui a retrouvé Hannah, un matin, pendue dans sa chambre. La veille, elle avait posté un dernier message sur Internet : «Vous pensez vouloir mourir, mais en réalité vous voulez être sauvés.»
Créé en 2010 et basé en Lettonie, Ask.fm fait partie des dix réseaux sociaux les plus fréquentés en Grande-Bretagne. S'il faut fournir une adresse mail pour ouvrir un compte, les discussions entre utilisateurs se déroulent ensuite dans l'anonymat. Rapidement, le site est devenu un défouloir pour ados, difficilement maîtrisable. Les conséquences sont dramatiques : en un an, quatre utilisateurs d'Ask.fm se sont suicidés outre-Manche. Face à ces drames, le Premier ministre est monté au créneau la semaine dernière. «Il y a quelque chose que nous pouvons tous faire en tant que parents et en tant qu'utilisateurs d'Internet, c'est de ne pas utiliser certains sites abjects. Boycottez-les, n'y allez pas, ne vous y inscrivez pas», a exhorté David Cameron sur Sky News. Pour afficher leur soutien, de nombreux annonceurs ont décidé de retirer




