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Libération

«Des preuves», disent-ils

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Publié le 03/09/2013 à 19h06, mis à jour le 08/09/2013 à 11h18

Ce sont les cinq arguments les plus entendus. Dans ce débat syrien qui s’est désormais emparé de la France et des Etats-Unis, la première objection faite au projet d’opération militaire contre le régime de Damas est qu’il faudrait «des preuves». La Maison Blanche et l’Elysée s’emploient donc à en donner mais qu’y a-t-il à prouver alors que le pouvoir syrien n’a jamais nié qu’il possède des armes chimiques et fait lui-même état d’un usage de gaz de combat, aux portes de Damas, il y a maintenant deux semaines ? Non seulement cette dictature dispose de stocks chimiques et le reconnaît mais, pour se disculper d’y avoir recouru contre sa propre population, elle accuse les insurgés de l’avoir fait contre eux-mêmes. Les faits sont ainsi établis et, pour ce qui est de savoir qui en est responsable, la réponse relève du simple bon sens. Dès lors que des gaz de combat ont bel et bien été utilisés, celui qui a pu le faire est celui qui en avait et non pas celui qui n’en avait pas, le pouvoir et non pas l’insurrection. Quand Vladimir Poutine exige des preuves, on comprend ses raisons. Il continue de protéger la dictature syrienne mais, quand des hommes politiques, des journaux et des citoyens français ou américains en demandent aussi, quelles peuvent être leurs motivations ? Elles sont claires, nullement déshonorantes en elles-mêmes, mais relèvent toutes d’une profonde méconnaissance de la situation, tant en Syrie que dans l’ensemble du Proche-Orient.

C’est cette méconnaissance qui condu

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