L'ampleur du défi posé par la crise syrienne devrait impliquer une réponse forte et commune des Européens, alors même que la crédibilité occidentale est en jeu après avoir répété depuis des mois que l'utilisation des armes chimiques représenterait «une ligne rouge». La position des Vingt-Huit, dont les ministres des Affaires étrangères sont réunis vendredi et samedi à Vilnius, risque bien d'être, une fois de plus, a minima. Et surtout bien loin du soutien qu'espérait encore Paris, il y a quelques jours, à des frappes aériennes visant à «sanctionner» le régime syrien pour avoir bombardé sa propre population, le 21 août, avec des gaz neurotoxiques dans la banlieue de Damas.
Massacre. Le ministre français Laurent Fabius, en arrivant dans la capitale de la Lituanie - qui préside l'Union ce semestre -, a déclaré attendre de la réunion que l'Europe reconnaisse «au minimum» le massacre à l'arme chimique, ce qui ne fait aujourd'hui guère de doute, ainsi que la responsabilité du régime et une condamnation claire de ce crime contre l'humanité. Mais il sera difficile d'aller au-delà dans la position commune qu'annoncera samedi Catherine Ashton, la haute représentante de la politique extérieure et de sécurité de l'Union. «On préférerait que dans l'expression publique de la position de l'UE, il n'y ait pas de référence à un indispensable mandat de l'ONU», reconnaît un diplomate français, confiant néanmoins sur le fa




