Le nombre de Syriens forcés à fuir à l'étranger a franchi, début septembre, le cap des 2 millions. La moitié d'entre eux ont quitté leur pays au cours des six derniers mois. Si l'on ajoute à ces chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les 4 à 4,5 millions de Syriens déplacés dans leur propre pays depuis le début de la guerre civile, en mars 2011, c'est pratiquement un Syrien sur trois qui a dû abandonner son foyer.«La Syrie est devenue la grande tragédie de ce siècle, une calamité humanitaire indigne, avec des souffrances et des déplacements de populations sans précédent dans l'histoire récente», a déclaré, en annonçant ces chiffres, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, António Guterres. «La seule consolation, c'est l'humanité et la fraternité dont font preuve les pays voisins en leur sauvant la vie.» Plus de 97% de ces Syriens ont trouvé refuge chez leurs voisins : 716 000 au Liban, 515 000 en Jordanie, 460 000 en Turquie, 168 000 en Irak et 110 000 en Egypte.
Libération a demandé à Hala Naufal, démographe, professeure à l'université de Beyrouth, d'évoquer leur situation au Liban.
En quoi la situation au Liban diffère-t-elle de celle des autres pays hôtes ?
Le Liban est le pays qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés syriens. Plus de 25% de la population résidente au Liban sont maintenant des réfugiés syriens. Et ce pourcentage tend à augmenter. Quand le HCR prévoit qu'il y aura 1 million de réfugiés au Liban d'ici la fin de l'année, je pense qu'il faut multiplier




