Salué par toutes les capitales concernées par la crise, l'accord de Genève sur le démantèlement des armes chimiques syriennes a pu sembler une surprise tant, il y a encore quelques jours, les positions des Russes et des Américains semblaient éloignées. Ce compromis, avec toutes les ambiguïtés inhérentes au genre (lire ci-dessous), est dans la logique de la proposition du Kremlin qui, le 9 septembre, en suggérant la mise sous tutelle internationale de l'arsenal chimique syrien, a bouleversé la donne.
Pour des raisons différentes, ce plan arrange toutes les parties sauf l'opposition au régime d'Al-Assad. Moscou se replace pour la première fois depuis l'effondrement de l'URSS au centre du jeu diplomatique au Moyen-Orient, tout en évitant une intervention qui aurait sérieusement écorné ce qui restait de son aura d'ex-grande puissance. Vladimir Poutine a encore une fois réussi à protéger son allié syrien, qui salue cet accord comme «une victoire remportée grâce à nos amis russes». Bachar al-Assad se voit ainsi relégitimé comme interlocuteur sur la scène internationale, alors même que le rapport des inspecteurs de l'ONU qui doit être rendu public aujourd'hui apporte «des preuves accablantes» de l'emploi des armes chimiques, selon les mots du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui accuse le dictateur «de crimes contre l'humanité». Le président américain, lui, évite un vote hasardeux du Congrès, tout en clamant que seule «la fer




