C'est un retour aux dures réalités. Trois jours à peine après la conférence de presse commune à Genève des ministres des Affaires étrangères américain et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, annonçant un ambitieux accord pour la mise sous tutelle internationale de l'arsenal chimique syrien, la voie diplomatique est à nouveau bloquée par Moscou. Evoqué lors des discussions au bord du lac Léman, l'espoir d'un assouplissement de la position russe au Conseil de sécurité semble pour le moment vain. Indéfectible allié et parrain du régime baasiste, le Kremlin continue de rejeter toute résolution contraignante sous le chapitre VII, autorisant des mesures coercitives et le recours à la force en cas de refus de Damas de tenir ses engagements.
Mardi soir, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité se sont séparés sans aucun progrès, et le porte-parole américain a accusé la Russie «de nager à contre-courant de l'opinion publique internationale et des faits» à propos de l'attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas. Le rapport des inspecteurs des Nations unies était accablant. Contre toute évidence, et alors même que les roquettes de fabrication russe qui ont servi aux bombardements




