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Portrait

Angela Merkel, droit de succession

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La chancelière brigue son troisième mandat.

ParMarc Semo
(à Berlin)
Publié le 19/09/2013 à 20h06

L'immense affiche se dresse près de la gare de Berlin. On y voit juste ses doigts, faisant un losange, geste qu'affectionne Angela Merkel. Et un slogan : «L'Allemagne est en de bonnes mains.» Parfois, c'est seulement son visage avec le simple mot «chancelière». Jamais une campagne électorale allemande n'a été autant personnalisée, mais Angela Merkel, 59 ans, qui brigue son troisième mandat, reste le meilleur argument pour une CDU-CSU qui a accumulé les défaites dans les élections locales. Celle que ses concitoyens surnomment «Mutti» (maman) reste toujours aussi populaire. Elle a enchaîné tous les primats. Elle est la première femme à occuper la chancellerie, elle fut également la plus jeune à s'installer, à peine quinquagénaire, à ce poste. Elle est la première à venir de l'ex-RDA. Simplicité, acharnement au travail, pragmatisme, sens du consensus, elle plaît autant aux Allemands qu'elle suscite de perplexité parmi ses homologues européens, aussi fascinés que souvent exaspérés par cette dame de fer obstinée mais lente à décider, comme durant la crise de l'euro.

«Sa carrière est atypique dans une Allemagne où les hommes politiques ne quittent guère leur milieu d'origine, voire leur Land», souligne Jacqueline Boysen, auteure d'une des premières biographies de la chancelière. Cette femme divorcée, sans enfant, née à l'Est a su faire carrière dans une CDU-CSU bien-pensante et nataliste ancrée dans les Länder du sud-ouest, alors même qu'elle était arrivée presque

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