Au micro, un speaker égrène le nom des chefs d'Etat pour leur souhaiter la bienvenue. A chaque fois des applaudissements polis. Puis vient le tour de François Hollande. Et le volume est monté d'un cran. Juste un peu. Dans un stade de 50 000 places écrasé de chaleur (à moitié plein), François Hollande, et une quinzaine de chefs d'Etat africains, étaient invités à venir participer à la cérémonie (un peu poussive) d'investiture du nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keita. Dans un discours d'une dizaine de minutes, le chef de l'Etat, plusieurs fois applaudi, a déclaré : «C'est une victoire, une grande victoire, que nous fêtons tous ensemble (...) Aujourd'hui, c'est tout le Mali qui est libéré. La France est fière d'avoir contribué à cette victoire.»
«La France est venue honorer une dette»
C'est le privilège des chefs d'Etat. Pouvoir s'affranchir, non pas du temps, mais des distances. Hier, François Hollande était encore englué dans la polémique sur la vraie fausse pause fiscale. Demain, après avoir inauguré la deuxième conférence environnementale, il sera à Quimper pour visiter la nouvelle usine de batteries de Vincent Bolloré. Et aujourd'hui, sous une chaleur de plomb, il est à Bamako qui le fête en libérateur. Déjà, lors de sa première visite le 2 février, Français Hollande avait pu toucher du doigt l'extrême ferveur de l'accueil malien. Il s'était, à la surprise de ses plus proches conseillers, laissé surprendre par l'émotion en déclarant «je viens sans doute de vivre le plus beau jour de ma vie




