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Libération
5/8 Le défi des infrastructures

Le chantier des grands travaux

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Dans un pays aux équipements vieillissants, les projets de nouvelle gare  à Stuttgart ou d’aéroport à Berlin ont pris des années de retard.

ParNathalie Dubois
Envoyée spéciale en Allemagne
Lilian Alemagna
Envoyé spécial en Allemagne
Publié le 19/09/2013 à 19h56

De ses fenêtres au-dessus de la gare, Wolfgang Dietrich peut apercevoir le petit bosquet sur lequel les ingénieurs de la compagnie publique de chemins de fer Deutsche Bahn se sont cassé la tête. En lisière du terrain déjà aplani par les bulldozers, six arbres restent debout, à l'abri d'une palissade. «Il a été interdit de les couper, car ils abritent une espèce protégée de scarabées pique-prune. Du coup, les travaux ont pris un an de retard, car il a fallu modifier nos schémas d'aménagement.» Depuis trois ans qu'il préside la structure de coordination du mégachantier du nouveau nœud ferroviaire à Stuttgart, Wolfgang Dietrich a trouvé d'autres animaux en travers de la voie, comme ces 200 salamandres dont l'évacuation a encore valu six mois d'arrêt à la construction.

Médiateur. Outre les insectes et les batraciens, il y a surtout les humains : 18 000 manifestants qui, sous les canons à eau et les coups de matraque, ont fait rempart de leur corps, le jour où les premiers arbres ont été abattus, en septembre 2010. Résultat, plus de 100 blessés, la nomination d'un médiateur et le quasi-gel des travaux jusqu'à fin 2011.

Cela fait pas loin de vingt ans que la Deutsche Bahn rame sur ce qu’on a surnommé «l’Eléphant blanc de Stuttgart». En gestation depuis 1995, le projet visant à connecter la capitale automobile à l’axe grande vitesse Paris-Bratislava, ne devrait être achevé qu’en… 2021. Si tout va bien. Négocié à environ 3 milliards d’eur

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