Au Pôle Emploi de Stuttgart, Markus attend son tour, plongé dans la Chute de Camus. Cet électricien de 51 ans est au chômage depuis peu. «Trois mois. Ce n'est pas long et c'est très long ! Après un an d'allocations chômage, c'est la dégringolade à 385 euros par mois. Et, là, tu n'as plus qu'à rester chez toi, tu n'existes plus.»
Dans la ville berceau de Daimler, Porsche et Bosch, il n’y a heureusement pas foule à la Bundesagentur für Arbeit (l’Agence pour l’emploi). De tous les Länder, le Bade-Wurtemberg est, avec la Bavière, l’un des plus florissants. On y compte à peine 4,2% de chômeurs, trois fois moins que dans le nord du pays.
La crise ? Quelle crise ? On se le demande, à voir le foudroyant redémarrage économique de la région dès 2010 et les profits records de ses fleurons automobiles. Cette Allemagne qui gagne, Angela Merkel est venue en chanter les louanges, lors d'une visite en juillet chez le fabricant de machines-outils Trumpf, à 18 km de Stuttgart. Avec sa femme, Nicola - l'une des très rares pédégères du pays -, l'ingénieur Mathias Kammüller, 55 ans, était là pour accueillir la chancelière. Inconnu du grand public, Trumpf «incarne parfaitement les clés de la réussite allemande», admet-il volontiers. Port raide et distingué, ce fils de pasteur luthérien a épousé la fille aînée de Berthold Leibinger, petit apprenti devenu propriétaire de la boîte après avoir inventé en 1957 la première machine automatique à découper la tôle. Mathias Kammüll




