Menu
Libération

Merkel, tranches de villes

Réservé aux abonnés

Retour sur cinq lieux de la vie de la chancelière, reflet de l’histoire de son pays.

Angela Merkel en 2000. (Photo Reuters)
ParMarc Semo
(à Berlin)
Nathalie Versieux
(à Bonn)
Lilian Alemagna
(à Templin et Leipzig)
Publié le 22/09/2013 à 21h16, mis à jour le 23/09/2013 à 15h55

Devenue la plus jeune chancelière de l'histoire allemande en 2005, à tout juste 51 ans, Angela Merkel est aussi la première femme à avoir dirigé le pays et la première à venir de l'ex-RDA. «Sa carrière est profondément atypique dans un pays où les hommes politiques ne quittent guère leur milieu d'origine, voire leur Land», note Jacqueline Boysen, auteure de deux biographies de Merkel (1). Libération est revenu sur les lieux qui ont marqué sa vie.

Hambourg Quelques semaines à l’Ouest

C’est un quartier excentré du grand port hanséatique, sans charme, aux tristes maisons de brique sombre. Là, à Barmbek-Nord, le 17 juillet 1954, naît Angela Dorothea Kasner, premier enfant du théologien protestant Horst Kasner (1926-2011) et de Herlind Jentzsch, professeure de latin et d’anglais. Quelques semaines après la naissance de sa fille, le pasteur décide de migrer vers la RDA, à la demande de ses supérieurs de l’Eglise évangélique de Hambourg, inquiets du manque de prêtres à l’Est et pleins d’espoir sur une évolution du régime après la mort de Staline. La frontière n’est alors pas encore hermétique et, rien que sur les cinq premiers mois de cette année-là, 180 000 personnes fuient la RDA pour rejoindre l’Ouest. Entre 1949 et la construction du Mur en 1961, la RDA perdra 2,5 millions de citoyens. Adepte de la doctrine de «l’Eglise dans le socialisme», Horst Kasner n’a rien d’un opposant au régime - qui lui accorde, privilège incroyable à l’époque, deux voitures de fonction et le droit de voyager en Occident.

Dans la même rubrique