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Après l’attentat, on a couru partout pour chercher nos parents : leurs corps étaient en pièces, leurs visages défigurés, j’ai même pas pu voir qui était ma mère ou mon père»,
lâche Natasha Nazir, 16 ans, pleine de douleur et de colère. D’un regard épuisé, elle contemple sa sœur Sunakha, 15 ans, ses frères Sheroz, 13 ans, Shahab, 11 ans et la frêle Seemran, 6 ans, tous orphelins depuis que deux kamikazes se sont fait exploser dimanche à la sortie de la messe de l’église de Tous-les-Saints à Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan. Au moment de l’attaque, ces enfants étaient en cours de catéchisme à l’étage de l’église, ce qui les a sauvés. Des familles entières ont été emportées dans ce carnage qui a fait 84 morts (dont près de 40 femmes, et des enfants) et plus de 130 blessés. Depuis la création en 1947 de la République islamique du Pakistan (avec une population à 95% musulmane), et même si leur communauté fait face à de graves discriminations, jamais un tel attentat n’avait touché les quelque 4 millions de chrétiens du pays. Ils ont manifesté ces derniers jours pour réclamer que justice leur soit rendue et leurs églises sécurisées.
A l’église de Tous-les-Saints, la désolation règne dans la cour : bouts de cheveux et de sang mêlés collés aux piliers, sang séché rougissant toujours des parties de la cour, morceaux de verre jonchant le sol. Plusieurs tas de chaussures - dont des sandales de bébé -, des branches de lunettes, des cahiers d’enfants sont amassé




