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Libération

La peine de mort est pire que le viol

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Publié le 27/09/2013 à 23h24

En France, les esprits progressistes ne cessent de s'horrifier de la montée du Front national et de ses violentes promesses. Or dans le même temps, ils se réjouissent de la dernière sanction votée en Inde pour lutter contre le viol des femmes : la pendaison des coupables (Libération du 14 septembre). Pire, si la loi indienne avait prévu l'écartèlement, le bûcher, ou même que le violeur soit coupé en petits morceaux pendant plusieurs jours jusqu'à ce que mort s'en suive, ces esprits-là auraient tout autant approuvé ces barbaries au nom des droits des femmes.

Pourtant, si ces gens-là étaient véritablement hostiles au Front national, ils auraient dû trouver la loi indienne infâme. Et même, ils auraient dû préférer que le viol reste impuni plutôt que de pendre les coupables.

Une société qui traite de cette façon ses violeurs est plus barbare encore que ceux-là même qu’elle combat. Ainsi, loin de fêter cette loi scélérate, ces beaux esprits auraient dû la condamner. Plus encore, ils auraient dû déclarer, même si le viol est un fléau en Inde, qu’il n’est pas question d’appliquer la peine de mort en son nom. Et pour bien se démarquer des idées du Front national, ils auraient conclu : la peine de mort est pire que le viol.

Mais les esprits de gauche sont si énamourés de la répression de certains crimes qu’ils n’ont plus véritablement les moyens intellectuels de combattre l’extrême droite. Au nom de quoi une gauche qui approuve la pendaison des violeurs en Inde peut-elle critiq

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