L'usage médiatique de la notion de «ras-le-bol» fiscal et la frilosité des dirigeants socialistes sont en train de mettre à mal l'une des plus importantes conquêtes démocratiques du XXe siècle : l'impôt progressif. La cause semble désormais entendue. Les individus en ont assez de l'impôt, ressassent en boucle radios et télévisions, et François Hollande doit raser les murs pour avoir osé augmenter les prélèvements fiscaux. Les «pigeons» deviennent les héros de la lutte antifiscale 2.0, et Depardieu réveille le mauvais contribuable qui sommeille en chacun de nous. Le populisme ambiant assimile le bon contribuable à un bobo coupé des réalités, et trouve de légitimes excuses aux plus riches pour ne plus acquitter l'impôt servant à payer les écoles, les universités, les hôpitaux ou encore les infrastructures nationales. Le constat est désolant. A l'heure de la privatisation de nos modes de vie et de nos pratiques sociales, le paiement de l'impôt demeure l'un des rares moments collectifs où nous pensons encore le vivre ensemble. Mais les partisans de la solidarité fiscale rament à contre-courant de la vision d'une réciprocité de l'impôt qui gagne sans cesse du terrain. Chaque contribuable revendique désormais un droit de regard sur l'usage fait de son argent, érodant chaque jour un peu plus l'idée même d'un bien public et démocratique.
A l'heure donc où il est bon ton de faire la moue dès que l'on prononce le mot «impôt», il est indispensable de rappeler les origines int




