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Analyse

En Turquie, un «tournant démocratique» en trompe‑l'œil

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Plus que les Kurdes, les islamistes seront les véritables bénéficiaires des mesures annoncées lundi par le Premier ministre Erdogan.

Publié le 01/10/2013 à 17h56

Ce devait être un «tournant» pour la démocratisation de la Turquie. Il était annoncé depuis des jours par les porte-parole et les médias proches de l'AKP, le mouvement islamo-conservateur au pouvoir depuis novembre 2002. «Aujourd'hui notre pays, notre nation, fait l'expérience d'un moment historique et nous sommes en train de faire des pas pour rendre la Turquie encore plus grande», martelait dans sa rhétorique enflammée le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan en présentant lundi en grande pompe devant son gouvernement ce «paquet démocratique» tant attendu sur les libertés et les droits des minorités.

Mais les résultats sont bien loin des attentes, comme le soulignent depuis quarante-huit heures les éditorialistes de ce qui reste de la presse indépendante et les ténors de l'opposition. A commencer par Kemal Kilicdaroglu, le leader du CHP, la grande force de la gauche héritière des valeurs de la République jacobine et laïque fondée par Mustapha Kémal sur les décombres de l'empire ottoman. «Le gouvernement a déserté face aux principaux problèmes de ce pays et nous a présenté ces réformes pour échapper aux pressions de la société», a-t-il affirmé, clamant que «c'est tromper le peuple que de présenter comme une réforme de démocratisation quelques amendements déjà résolus par la société».

Une crédibilité mise à mal 

Pour Recep Ta

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