Les sept membres du Comité permanent du politburo du PC chinois ont célébré mardi matin le 64e anniversaire de la fondation de la République populaire en déposant des gerbes de fleurs sur la place Tiananmen, à Pékin. Espérant profiter de la présence de ces dignitaires pour se faire entendre, un millier des pétitionnaires s'étaient rassemblés par petits groupes, dès l'aube, autour de la place, calicots et banderoles soigneusement dissimulés sous leurs vêtements, rapporte un témoin. Venus de toute la Chine, ils se disent victimes d'injustices dont ils rendent responsables les cadres locaux du Parti. Beaucoup de ces désespérés campent à Pékin devant le Bureau des lettres et visites, censé examiner leurs requêtes. Mais ils sont le plus souvent éconduits, rapatriés de force chez eux, ou jetés dans des «prisons noires».
Ils escomptaient, le moment venu, crier leurs doléances en convergeant sur la place. Mais, repérés par la police à l'instant où ils ont brandi leurs slogans, «un grand nombre d'entre eux» a été arrêté sans ménagement, rapporte Huang Qi, qui dirige le site d'information Tianwang. L'un d'eux, qui distribuait des tracts sous le portrait de Mao accroché à la porte Tiananmen, aurait été violemment frappé. Au moins 300 pétitionnaires ont été détenus dans un commissariat proche de la place, selon un témoin cité par le site américain Radio Free Asia. «On savait que ça allait sans doute se terminer comme ça, mais on n'a plus rien à perdre»,




