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Lampedusa : «On en sortait un, l’autre coulait à pic»

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Les témoignages autour du naufrage poussent l’Italie à s’interroger sur les politiques migratoires.

Des corps de victimes du naufrage, sur le port de Lampedusa le 3 octobre. (Photo Reuters.)
ParEric Jozsef
De notre correspondant à Rome
Publié le 04/10/2013 à 21h26

«Ils nous glissaient des mains, ils étaient recouverts de fioul. J'ai attrapé une femme mais je n'ai pas réussi à la retenir.» Quelques heures après la tragédie de Lampedusa, dont le bilan devrait s'établir à plus de 300 morts, les pêcheurs siciliens qui ont les premiers aperçu l'embarcation en flammes racontent l'horreur du naufrage. «Quand on arrivait à en sortir un, l'autre à côté coulait à pic. Comme s'il se laissait aller, muet. On leur criait de se dépêcher, de résister et ils mouraient devant nos yeux, en glissant dans l'eau les yeux ouverts», ont rapporté les marins du chalutier Angela C., très choqués.

Vendredi après-midi, en raison du mauvais temps, les garde-côtes italiens ont interrompu les opérations de recherche des corps dans l'épave du navire, à 47 mètres de profondeur. Vendredi soir, 111 cadavres dont ceux de 49 femmes et 4 enfants avaient été repêchés. Il s'agit pour la plupart de migrants originaires d'Erythrée ou de Somalie. Certains des rescapés, qui sont tous très jeunes (entre 15 et 25 ans), ont raconté le drame. «Il y avait une fuite de carburant, c'est pour cela que tout le bateau s'est enflammé, décrit Dakarai dans les colonnes du quotidien La Stampa. Des jeunes ont brûlé une couverture pour que quelqu'un nous repère depuis l'île. Cela a alimenté le feu.» Une autre survivante, Amina, 20 ans et originaire d'Erythrée, a expliqué, en pleurs : «Par chance, je sais nager, mais pas la plupart de mes compagno

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