Le Canadien Matt Bryden est le directeur du centre de recherches Sahan, basé à Nairobi.
Les shebab ont perdu du terrain militairement en Somalie, mais sont-ils affaiblis ?
Ce mouvement insurgé, présent surtout dans le sud de la Somalie, a perdu des ressources financières et un soutien populaire. En son sein, il y a un noyau dur d’extrémistes prêts à utiliser la plus grande violence pour arriver à leurs fins. Le défi pour les autorités somaliennes et leurs partenaires est de s’attaquer aux causes profondes, qui sont largement politiques, afin d’isoler les éléments extrémistes.
Sont-ils une plus grande menace pour la région ?
Les shebab étaient déjà dangereux lorsqu'ils ont attaqué Kampala en 2010 [double attaque-suicide faisant plus de 70 morts, ndlr]. Ce que cela montre, c'est qu'ils restent une menace non seulement en Somalie, mais dans la région, et que les groupes affiliés, comme Al-Hijra au Kenya, gagnent en confiance, en capacité et leurs tactiques évoluent. A mesure que les shebab perdent du terrain en Somalie, ils sont plus que jamais déterminés à montrer leur capacité de nuisance à travers des attaques complexes et spectaculaires. Il s'agit d'un acte calculé pour regagner l'initiative militaire, inciter les troupes kényanes à se retirer de Somalie et décourager les pays qui voudraient envoyer des troupes.
Quelles sont les tendances qui émergent ?
Ce qu'il reste des shebab est de plus en plus un noyau extrémiste un




