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Interview

«Une menace non seulement en Somalie, mais dans la région»

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Pour le spécialiste Matt Bryden, la violence des attaques shebab répond à leur perte d’influence.

Des combattants shebab au sud de Mogadiscio, le 5 septembre 2010. (Photo Feisal Omar. Reuters)
Publié le 09/10/2013 à 19h26

Le Canadien Matt Bryden est le directeur du centre de recherches Sahan, basé à Nairobi.

Les shebab ont perdu du terrain militairement en Somalie, mais sont-ils affaiblis ?

Ce mouvement insurgé, présent surtout dans le sud de la Somalie, a perdu des ressources financières et un soutien populaire. En son sein, il y a un noyau dur d’extrémistes prêts à utiliser la plus grande violence pour arriver à leurs fins. Le défi pour les autorités somaliennes et leurs partenaires est de s’attaquer aux causes profondes, qui sont largement politiques, afin d’isoler les éléments extrémistes.

Sont-ils une plus grande menace pour la région ?

Les shebab étaient déjà dangereux lorsqu'ils ont attaqué Kampala en 2010 [double attaque-suicide faisant plus de 70 morts, ndlr]. Ce que cela montre, c'est qu'ils restent une menace non seulement en Somalie, mais dans la région, et que les groupes affiliés, comme Al-Hijra au Kenya, gagnent en confiance, en capacité et leurs tactiques évoluent. A mesure que les shebab perdent du terrain en Somalie, ils sont plus que jamais déterminés à montrer leur capacité de nuisance à travers des attaques complexes et spectaculaires. Il s'agit d'un acte calculé pour regagner l'initiative militaire, inciter les troupes kényanes à se retirer de Somalie et décourager les pays qui voudraient envoyer des troupes.

Quelles sont les tendances qui émergent ?

Ce qu'il reste des shebab est de plus en plus un noyau extrémiste un

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