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Vu de Vienne

Vienne accepte les Syriens, tant qu’ils sont chrétiens

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Le parti conservateur autrichien ne veut pas de réfugiés musulmans et le dit ouvertement.

Dans le camp de réfugiés de Mafraq, en Jordanie. (Photo Majed Jaber. Reuters)
Publié le 13/10/2013 à 21h36

Les femmes, les enfants et les chrétiens d’abord : dans les prochaines semaines, l’Autriche va accueillir 500 réfugiés syriens. Des candidats qu’elle entend trier sur le volet et qui se doivent de présenter le bon profil, pas trop barbu de préférence. Car la république alpine ne veut pas prendre de musulmans, et le dit ouvertement, par la voix de son vice-chancelier démocrate-chrétien, Michael Spindelegger. De quoi provoquer l’indignation dans les rangs des défenseurs des droits de l’homme et les applaudissements de l’extrême droite, qui voit là une validation de ses thèses islamophobes.

Il y a quelques semaines, des sans-papiers pakistanais, déboutés du droit d'asile, avaient déjà été renvoyés chez eux, malgré les protestations. A la manière de l'UDC en Suisse ou de l'UMP en France, le parti OVP, attaché aux racines chrétiennes de l'Europe, dérive lentement vers une droite mal à l'aise avec l'islam. Toutefois, visiblement «conscient» de sa bourde, le chef de file des conservateurs, qui est également ministre des Affaires étrangères, a su faire marche arrière : bien sûr que non, la riche Autriche, qui fut un grand pays d'accueil avant de se fermer progressivement aux réfugiés, ne rejettera pas les musulmans syriens, si ceux-ci ont un «besoin urgent de protection et d'aide». Ceci alors que 2 millions de personnes ont fui le pays depuis le début de la guerre civile, en mars 2011.

Spindelegger a sans doute eu peur de ridiculiser une nouvelle fois son pays, dont

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