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Bruxelles veut dénoncer sans braquer Ankara

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L’UE publie son rapport annuel sur la Turquie, alors qu’elle souhaite rouvrir les négociations d’adhésion.

Des drapeaux européens et turcs, place Taksim à Istanbul, le 9 juin 2013. (Photo Stoyan Nenov.Reuters)
ParMarc Semo
(à Ankara)
Publié le 15/10/2013 à 20h46, mis à jour le 16/10/2013 à 16h07

Dans ce genre d'exercices, la forme compte presque autant que le fond. Publié aujourd'hui, le rapport annuel de la Commission européenne sur la Turquie dresse, comme pour chaque pays candidat, le bilan annuel des réformes exigées pour une adhésion à l'Union européenne (lire ci-dessous l'intégralité du rapport, en anglais). L'enjeu est particulièrement délicat cette année, alors que Bruxelles espère relancer des négociations commencées en octobre 2005 mais enlisées depuis, sans pour autant taire les critiques en matière d'atteintes aux libertés. Ni fermer les yeux sur la répression au printemps des manifestations contre l'autoritarisme croissant du Premier ministre islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan.

«Le mouvement de Gezi est un tournant qui a montré la force de la société civile turque, qui veut profiter des libertés acquises ces dernières années dans le cadre du processus d'adhésion», estime Jean-Maurice Ripert, chef de la délégation de l'UE à Ankara. Le texte du rapport se veut «équilibré». Il s'agit de dire les choses sans pour autant braquer encore un peu plus les autorités turques après des mois de tension.

«Forces obscures». A ses interlocuteurs du gouvernement turc qui le pressaient de relancer les négociations, le commissaire à l'Elargissement, Stefan Fühle, rappela, début juin, qu'avant «de parler du futur», il fallait «évoquer le présent». Il avait en effet rencontré le

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