Deux vaches, huit chèvres, des lapins, des singes, deux petits jaguars, deux crocodiles… Les prisons vénézuéliennes réservent toujours des surprises. En vidant le centre pénitentiaire de Sabaneta, où 16 détenus s’étaient entre-tués à la mi-septembre, les autorités ont découvert un petit zoo, mais aussi des familles qui y vivaient à plein temps avec leurs enfants.
Selon Willmer Poleo Zerpa, du journal Ultimas Noticias, c'est en apprenant que les bambins n'allaient pas à l'école que la ministre des Affaires pénitentiaires, Iris Varela, a vu rouge. Ou peut-être en considérant les corps démembrés ou la panse ouverte d'un des chefs de gang, à qui le cœur avait été soutiré en guise de trophée. Le «pran» ou «leader négatif» vainqueur a bien tenté d'expliquer à la ministre qu'il ne s'agissait que d'affaires internes, ce n'est pas passé. Selon Iris Varela, 200 familles vivaient au milieu de 3 700 prisonniers – dans une prison conçue pour 750 personnes.
Il était déjà de notoriété publique que les détenus vénézuéliens avaient des discothèques, des piscines, des plans de cannabis et qu'ils géraient de véritables mafias bien au chaud derrière leurs murs, mais pas qu'ils pouvaient vivre en quasi-autogestion. Les signes étaient pourtant là. Dans la prison de Los Teques, au sud de la capitale, Caracas, les gardiens n'entrent plus depuis longtemps. Les détenus ont leur propre épicier, un vendeur de hamburgers et des artisans. Spécialisation du travail aidant, le «pran»




