Six enquêteurs d’un centre d’interrogatoire secret du Parti communiste chinois viennent d’être condamnés à des peines allant de quatre à quatorze ans de prison par le tribunal de la ville de Quzhou. Les six hommes ont été reconnus coupables, fin septembre, d’avoir torturé à mort Yu Qiyi, 42 ans, un ingénieur en chef d’une entreprise d’Etat de cette localité soupçonné de corruption, a annoncé lundi Pu Zhiqiang, l’avocat de la famille de la victime.
Suffoqué. Les médias chinois ont passé sous silence ce procès fort singulier, qui met en lumière la brutalité des méthodes en vigueur dans ces sites extrajudiciaires baptisés «shuanggui» (littéralement «double soumission»). Destinés à faire passer aux aveux les membres du Parti soupçonnés de malversations, ils se comptent par centaines à travers le pays. Selon les chiffres officiels, 880 000 membres du Parti (qui compte 80 millions d'adhérents) ont été «placés sous enquête» pendant une période de cinq ans entre 2003 et 2008. Ce qui signifie, à l'appui de ces chiffres, que les interrogateurs du Parti cuisinent chaque jour près de 500 suspects en moyenne.
Yu Qiyi aurait suffoqué le 9 avril alors que ces six professionnels lui maintenaient la tête dans une cuve d’eau glacée. Ce genre d’affaires s’arrête généralement là. Il en est allé autrement cette fois-ci, car l’ex-épouse de l’ingénieur, Wu Qian, a décidé de porter plainte après être parvenue à voir le cadavre de son ex




