Des millions d'appels téléphoniques, de SMS, de mails des Français sont systématiquement interceptés chaque jour par la National Security Agency (NSA) américaine. Après la Grande-Bretagne et l'Allemagne, la France est le pays européen le plus espionné par cette agence chargée de la surveillance des communications, créée en 1952, mais devenue depuis les attentats du 11 septembre 2001, la plus puissante des agences du renseignement américain, avec 40 000 personnes, et surtout la plus opaque. Les révélations du quotidien le Monde, hier, qui publie et analyse des documents pris par l'ancien consultant de l'agence Edward Snowden, «lanceur d'alerte» depuis réfugié à Moscou, montrent l'ampleur du phénomène.
«Inacceptable». Ainsi, sur une période de trente jours, entre le 10 décembre et le 8 janvier, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques de Français ont été effectués par la NSA. Ils visaient aussi bien des personnes suspectées de liens avec le terrorisme que des individus appartenant au monde des affaires, de la politique ou de l'administration.
«Cela montre qu'il est aujourd'hui possible techniquement pour les Américains de tout écouter partout et de stocker toutes les données ainsi recueillies qui, même si elles ne sont pas utilisées ou utilisables dans l'immédiat, peuvent l'être plus tard», relève François Heisbourg, conseiller spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique et auteur d'




