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Libération
Reportage

En Géorgie, la seconde fin de l’ère Saakachvili

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Un an après les législatives, le candidat de la coalition du milliardaire et Premier ministre Ivanichvili a remporté, hier, la présidentielle.

Des partisans de Georgy Margvelashvili le 27 octobre 2013 à Tbilissi. (Photo David Mdzinarishvili. Reuters)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Tbilissi
Publié le 27/10/2013 à 20h46

L’élection présidentielle d’hier en Géorgie marque la fin de la décennie Saakachvili, l’homme qui, au travers de la révolution des Roses de 2003, a fait sortir son pays de l’ère post-soviétique pour l’orienter vers l’Ouest. L’avenir repose désormais sur les épaules du Rêve géorgien, une coalition hétéroclite rassemblant populistes, conservateurs xénophobes, mais aussi modernistes pro-européens, animée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, qui a défait le parti de Mikhaïl Saakachvili aux législatives de 2012, devenant ainsi Premier ministre. Son candidat, Guiorgui Margvelachvili, un politicien peu connu et sans charisme, a emporté hier la magistrature suprême dès le premier tour, selon un sondage sortie des urnes. Au lendemain de la passation de pouvoir, les Géorgiens auront non seulement un nouveau président, mais aussi un nouveau système politique : le pouvoir exécutif sera en effet désormais entre les mains du Premier ministre. Ce dernier, grâce à une modification de dernière minute, n’aura toutefois pas deux prérogatives initialement prévues dans la Constitution de 2010 : il ne pourra ni dissoudre le Parlement ni légiférer par décret.

Scandale. Après deux mandats de cinq ans, Mikhaïl Saakachvili ne pouvait pas se représenter. Le président sortant laisse un bilan contrasté : il a considérablement modernisé le pays, mis un terme aux pénuries de gaz et d'électricité, assuré la sécurité en réprimant les diverses mafias locales, supprimé

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