Lorsqu’il a pris la tête du Parti communiste l’an dernier, Xi Jinping a fait naître l’espoir qu’il engagerait des réformes politiques visant à bâtir un Etat de droit. A l’inverse, le nouvel homme fort du régime a renforcé le pouvoir du parti sur celui de l’Etat, remis Mao au goût du jour, renforcé la censure et lancé une répression tous azimuts qui vise à intimider l’intelligentsia et à faire taire les mécontents. La poigne de fer de Pékin se fait particulièrement sentir au Tibet comme au Xinjiang, peuplé de musulmans turcophones, où les populations locales rejettent la domination des Hans.
Chez beaucoup de Chinois concernés, l'espoir déçu laisse place tantôt à la résignation, tantôt au défi. «Notre seul droit, lance un Pékinois, c'est celui de ronchonner, mais sans trop en rajouter.» Le Web, seul moyen d'expression disponible, est de plus en plus muselé. «Internet est devenu le principal terrain de bataille idéologique […] entre notre régime et les forces occidentales hostiles […] et il ne faut pas craindre de montrer l'épée», martelait cet été Xi Jinping. La Cour suprême a annoncé en septembre que les personnes qui «répandent des rumeurs» ou des «fausses informations» qui sont «vues plus de 5 000 fois» sur la Toile, ou bien qui sont «repostées plus de 500 fois», seraient désormais passibles de peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.
«Confession». Militants démocrate




