Il était peut-être moins connu que Lech Walesa, mais dans la bataille qui a sonné le glas du communisme en Europe, il a joué un rôle au moins aussi important. Les deux hommes ont travaillé ensemble dès le début des années 80, l’intellectuel catholique étant sans doute le premier à comprendre tout le potentiel salvateur que représentait la révolte des ouvriers de Gdansk à l’été 1980, qui déboucha sur la création de leur syndicat, Solidarnosc («Solidarité» en polonais). Tadeusz Mazowiecki est mort hier matin à Varsovie, à l’âge de 86 ans.
«Pragmatique». Dans leur tandem, Walesa était l'homme d'action, Mazowiecki l'homme de la réflexion. «Tadeusz Mazowiecki nous a unis au moment difficile des grèves, en 1980, a souligné hier le Prix Nobel de la paix devant la presse. Il fut un homme exceptionnellement honnête, l'un des plus honnêtes que j'ai rencontrés sur mon chemin.» Emprisonné en 1981 quand le général Wojciech Jaruzelski imposa la loi martiale, Mazowiecki fut l'homme qui, huit ans plus tard, négocia avec lui le départ en douceur de la direction communiste. Il fut avec Walesa, à la droite duquel il était toujours assis, l'un des principaux artisans des accords de la «Table ronde» d'avril 1989, qui débouchèrent le 4 juin sur les premières élections semi-libres - car une place était réservée au Parti communiste et à ses alliés - de la Pologne d'après-guerre.
«Ce n'était pas un révolutionnaire, souligne le sociologue




