Au «maquis» La Casa, un de ces petits cafés plongés dans la pénombre où l'on vient à nouveau tordre à la main les cannettes de bières vides, les enceintes diffusent Armée française, allez-vous en ! de l'Ivoirien Alpha Blondy. «Ça, c'est selon les Ivoiriens !» s'exclame un client en riant. Car à Gao la cote de popularité de l'armée française reste au zénith. Neuf mois après l'opération Serval, la cité des Askia revit. Des poids lourds chargés comme des paquebots tanguent dangereusement, laissant dans leur sillage des particules lacrymogènes d'oignons et de piments. Ici et là, des ouvriers élèvent des bâtiments en ciment. Les commerces sont à nouveau bien fournis. Les déplacés reviennent régulièrement par le fleuve ou par la route. Et mêmes les «peaux blanches» (les Arabes et les Touaregs), invisibles il y a quelques mois par crainte d'être assimilés aux groupes armés, sont là. Mais, affirment des voix à Gao, certains d'entre eux seraient d'ex-membres du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un allié d'Aqmi.
Malik Maiga les connaît bien. Le 5 août 2012, ce présentateur du journal de 20 heures de la radio Aadar Koima, jugé indocile, avait été tabassé par le Mujao. Le journaliste est catégorique : les ex-jihadistes sont bien de retour. «Depuis la brousse, ils appellent des connaissances en ville. Ils leur communiquent des listes de gens. Puis, moyennant 20 000 francs CFA [30 euros, ndlr], la préfecture, la police ou la




