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Libération
EDITORIAL

Piège

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Publié le 30/10/2013 à 21h46

Après plus de trois années d’une effroyable détention, quatre hommes ont retrouvé la liberté. Pour eux, pour leur famille et pour un pays entier le reste est dérisoire. Mais il était dit que même en cette heure de concorde jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale, en cet instant où François Hollande pouvait espérer tirer quelque satisfecit pour sa politique africaine, le chef de l’Etat devrait faire face à une nouvelle polémique. Car les fermes démentis de l’Elysée et du Quai d’Orsay, répétés tout au long de la journée d’hier, n’ont pas suffi à étouffer la rumeur de la rançon versée par la France aux terroristes d’Aqmi. Dans cette affaire - comme dans d’autres semblables -, nulle preuve ne sera fournie, mais il ne fait guère de doute que de l’argent a été versé par l’Etat, leur employeur Areva ou un pays tiers. Si le piège se referme une fois de plus sur le pouvoir socialiste, c’est plus le résultat de la posture présidentielle qu’en raison du paiement d’une rançon pratiquée par tous les régimes. En affirmant de façon catégorique que jamais la France ne céderait au chantage des preneurs d’otages, François Hollande affichait sa volonté de ne pas financer le terrorisme dont Aqmi est l’une de ses figures les plus abjectes. Il a pris le risque de se retrouver aujourd’hui démenti. Personne ne peut penser que les chefs d’Aqmi aient lâché les Français sans contrepartie.

Alors que l’incontestable succès de l’opération d’Arlit aurait dû redonner du crédit à une parole présidentie

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