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Libération
Critique

Front d’historiens pour 14-18

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Une approche transversale menée par Jay Winter

Publié le 13/11/2013 à 18h06

Dans la déferlante d'ouvrages occasionnés par le centenaire de ce qui devait être la der des ders, la somme publiée sous la direction de Jay Winter, professeur à Yale, et coordonnée par Annette Becker tranche à la fois par son ambition et la qualité de ses intervenants. Cette Cambridge History of the First World War en trois volumes, dont le premier consacré aux «combats» vient de sortir, tente une approche globale, à la fois sociétale, politique, économique d'un conflit, creuset de tout le XXe siècle et de ses tragédies. La guerre de 14-18 fut en effet non seulement la première guerre industrielle, mais aussi le premier conflit planétaire annonçant un nouvel ordre du monde avec l'émergence des Etats-Unis comme puissance globale. Il s'est étendu aussi bien aux colonies africaines des empires en guerre comme à tout l'Orient ottoman et même à l'Extrême Orient, où le Japon, allié de Londres et Paris, en profite pour conquérir aux dépens de l'Allemagne des îles du Pacifique et des concessions chinoises. Ainsi, s'il est facile de dater le début de la guerre, il est beaucoup plus difficile d'en déterminer la fin. Le 11 novembre 1918, date conventionnelle de la fin de la guerre, les combats ne se sont en effet arrêtés que sur le front de l'Ouest. «Le conflit ne cessa pas à cet instant en Europe orientale, ni en Russie, ni en Turquie, non plus que dans les espaces coloniaux et semi-coloniaux - de l'Egypte à la Chine en passant par l'Inde ou la Corée», ra

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