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Libération
Dessin animé

La Fantômette d’Islamabad

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La série «Burka Avenger», diffusée au Pakistan, a un énorme succès. Paradoxe : la super-héroïne, qui défend la justice et le droit des filles à l’éducation, porte une version stylisée du voile intégral.

Publié le 17/11/2013 à 18h06

Les pleurs déchirants des écolières font bondir de joie le maire véreux et le prédicateur radical de la ville imaginaire d'Halwapur, qui explosent d'un rire sadique. Par la force, ils viennent de fermer l'école pour filles du village pour se mettre dans la poche les dons de l'ONG qui la finance. «On ne va pas gaspiller cet argent pour ces bonnes à rien ! Ça leur sert à quoi d'étudier, elles finiront toutes par rester à la maison faire la cuisine !» s'esclaffent-ils. Soudain surgit une ombre noire qui met une raclée aux deux méchants et brise le cadenas condamnant l'entrée de l'école grâce à un lancer de… stylo magique.

Bienvenue dans Burka Avenger («la vengeresse en burqa»), première série de dessins animés en langue nationale ourdoue entièrement produite au Pakistan. Elle aurait pu être la version super-héros de Malala, l'écolière pakistanaise attaquée l'an dernier par les talibans, devenue depuis l'icône mondiale du droit à l'éducation des filles. A un détail près : contrairement à la jeune fille de 16 ans, qui montre son visage et son courage au monde entier, la super-héroïne du dessin animé se dissimule sous une burqa noire, ce voile intégral couvrant les femmes dans les régions les plus conservatrices. Un élément qui a créé la polémique au Pakistan.

«La justice, la paix et l'éducation pour tous» sont les combats de cette justicière, armée de ses seuls livres et crayons. Une version pakistanaise de Wonder Woman, mais sans les formes agui

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