Budapest, ses bains, son Opéra, son magnifique Parlement… et ses rues débarrassées des SDF. Jeudi, le conseil municipal de la capitale hongroise, dominé par la majorité de droite populiste de Viktor Orbán, a approuvé une liste des espaces publics où «la vie dans la rue» sera interdite : le secteur classé au patrimoine mondial de l'Unesco, les arrêts de transports publics et les gares dans un rayon de 50 mètres, une trentaine de passages souterrains, les ponts, les cimetières, les aires de jeux pour enfants, les écoles et centres de protection de l'enfance, les établissements d'enseignement supérieur dans un rayon de 100 mètres, etc. N'en jetez plus, la liste fait 25 pages.
Les sans-abri seront passibles d'amendes, de travaux publics, voire d'emprisonnement. Jeudi, une quarantaine de membres et sympathisants de l'association A város mindenkié («la ville est à tout le monde»), dont des universitaires et des artistes, a occupé la mairie et retardé le vote de plusieurs heures. Ils ont chanté des poèmes, récité la charte sociale européenne ainsi que la Déclaration des droits de l'homme et clamé : «Logement, démocratie, Etat de droit ! Vive la république !» avant de se faire évacuer.
Si la droite, soutenue par l'extrême droite, a tranquillement voté ce décret, c'est grâce à une loi adoptée le 30 septembre par le Parlem




