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Reportage

Philippines : «Soudain, les oiseaux ont disparu...»

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A Tanawan, le typhon Haiyan a ravagé ce qui fut une villégiature paradisiaque et un village de pêcheurs. Deux mille d'entre eux sont morts ou disparus, et l'école s'est désintégrée.

270 personnes, surtout des enfants, s’étaient réfugiés dans cette école primaire de Tanawan, désignée comme «centre antityphon». Tous ont péri. (Photo Philippe Grangereau)
ParPhilippe Grangereau
envoyé spécial à Tanawan (Philippines)
Publié le 20/11/2013 à 13h46

Olot, l’ancien petit palais donnant sur la plage d’Imelda Marcos, est lové entre deux collines identiques, de formes coniques assez singulières. Cette particularité topographique isole des regards extérieurs ce qui fut le lieu de vacances privilégié de l’ex-première dame des Philippines jusqu’à la chute de son mari, le dictateur Ferdinand Marcos, en 1986. Imelda, élue «Miss Tacloban» dans les années 60, notamment en hommage à son tour de poitrine, avait fait placer la piscine de son domaine d’Olot de sorte que la mer s’y reflète depuis la terrasse.

Il n’en reste plus aujourd’hui, après le passage du typhon Haiyan (appelé Yolanda aux Philippines), qu’une grande mare sombre hérissée d’échelles de bassin tordues. Une statue de la vierge Marie domine l’un des deux tétons pyramidaux qui flanquent la villa d’Olot, d’où l’on peut voir la plage ravagée de Tanawan – site d’une des plus terrifiantes tragédies provoquées le typhon. Depuis cet ancien paradis, on a une vue imprenable sur l’enfer.

«Les flots montaient jusqu’à une hauteur de cinq à six mètres»

Environ 5 000 pêcheurs de galong-gong, le poisson du pauvre, avaient installé leurs maisons en ciment et en bambou sur cette petite étendue de sable. Mille d’entre eux ont été tués, et un millier d’autres sont portés disparus. Ce petit village avait ses boutiques et ses écoles. L’une d’elle, construite entièrement en dur à 300 mètres du rivage, avait été désignée comme centre antityphon. Près de 270 personnes, des enfants surtout, y cherchèrent refuge. Tous, sans exception, ont péri. Les murs en b

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