Excités comme une volée de criquets, les adolescents accoutrés de vêtements bariolés s’enthousiasment devant les chemises à fleurs et les vestes fluo alignées sur les étagères d’une petite boutique. En virée shopping au Carlton Center, un centre commercial installé dans un immeuble de cinquante étages du centre de Johannesburg, ils admirent la nouvelle collection Muracchini, une marque dont la consonance exotique fait rêver les jeunes des banlieues noires sud-africaines.
«Les fringues italiennes, c'est ce qu'il y a de mieux, dit Donald, 17 ans, diamant à chaque oreille et sourire parsemé de dents en or. Parce que ce sont les plus chères.» A 600 rands (44 euros) la chemise, il comble ainsi un peu de son rêve de Gucci et de Versace. «Un jour, j'irai faire mes achats à Rome», affirme-t-il, l'air presque convaincu. Mais aujourd'hui, il repart les mains vides. «J'attends le mois prochain, lorsque ma mère touchera son bonus de fin d'année, explique-t-il. Là, je m'offrirai une tenue complète, avec le chapeau et les chaussures. Il faut que les gens voient que je peux me le permettre.»
Imprimés léopard et mocassins fuchsia
Donald et ses amis se revendiquent des «Izikhothane», un mouvement qui fait fureur depuis deux ou trois ans parmi les lycéens des townships de Johannesburg. Des garçons - et quelques filles - qui n'ont qu'un souci en tête : leur apparence. Alors ils dépensent tout ce qui leur tombe dans les poches en vêtements griffés, téléphones portables et autres objets sus




